Service de communication du gouvernement
5.7.2006 17.12

Intervention du Premier ministre Matti Vanhanen devant le Parlement européen réuni en séance plénière le 5 juillet 2006

(Traduction non officielle sujette à d'éventuelles modifications)

Monsieur le Président, Distingués membres du Parlement et des groupes politiques, MM. le Président et vice-Président de la Commission, mesdames et messieurs,

Je souhaite avant tout exprimer mes remerciements les plus chaleureux pour l’occasion qui m’est donnée de venir présenter ici, devant le Parlement européen, les priorités et objectifs de la Présidence finlandaise. La Présidence de l’Union européenne est une tâche exigeante, mais c’est en même temps un grand honneur et un privilège que la Finlande accepte volontiers.

La collaboration entre le Parlement européen et la Présidence finlandaise a bien démarré. Je souhaite remercier le Président du Parlement européen et tous les autres représentants parlementaires qui ont participé à la réunion organisée entre le Parlement et le gouvernement finlandais à Helsinki. De nombreuses commissions parlementaires ainsi que des groupes politiques sont également venus en Finlande, ce qui nous a permis d’avoir des échanges fructueux quant aux objectifs de notre Présidence.

Depuis le début de son adhésion, la Finlande soutient les aspirations pour un renforcement des activités des institutions de l’Union européenne et une amélioration de leur étroite collaboration. Pendant notre Présidence, nous allons travailler étroitement et en bonne intelligence avec le Parlement européen. Par là, je ne songe pas uniquement au Parlement en sa qualité de législateur, à valeur égale avec le Conseil pour les questions de codécision, mais je me place sur un plan plus général avec l’intention de faire avancer les objectifs primordiaux de l’Union.

Le Parlement finlandais fête également un anniversaire important. Cette année est celle du centenaire de la constitution d’une chambre monocamérale et du droit de vote universel et égal en Finlande. Tous, hommes et femmes, obtinrent il y a cent ans et en même temps le droit de vote et d’éligibilité. Nous sommes fiers de ce jalon sur la route de notre démocratie.

Le Parlement finlandais participe activement à l’examen des questions européennes et il dispose d’une grande influence. Cette expérience de collaboration fructueuse avec notre Parlement est peut-être telle que les Finlandais travaillent aussi naturellement et étroitement avec le Parlement européen. Les travaux du Parlement européen et des parlements nationaux n’empiètent pas les uns sur les autres, chacun ayant son rôle à jouer dans les questions européennes. Sur le fond, tous partage la même aspiration profonde, à savoir renforcer la démocratie dans l’Union européenne.

L’Union européenne doit regarder vers l’avenir

Monsieur le Président,

Pendant sa Présidence, la Finlande aura l’ambition de tourner le regard de l’Union européenne vers l’extérieur et vers l’avant. Nous devons nous poser la question de savoir quelle Union européenne nous souhaitons dans 10 ou 20 ans et comment atteindre nos objectifs. En tant qu’Européens, nous devons prendre conscience des forces de changements historiques de notre époque, être en mesure d’y répondre et de les apprivoiser. Faire face à la mondialisation est un défi majeur que l’Union européenne doit relever.

Le monde change autour de nous et si nous n’y prenons garde, nous risquons de prendre de plus en plus de retard. Ce serait dévastateur avant tout pour nos enfants et les générations à venir. C’est pour eux que l’Europe doit cesser de regarder uniquement vers l’intérieur et réfléchir à plus longue échéance sur sa position par rapport à la mondialisation. Le monde qui nous entoure, lui, n’attend pas. Nous devons prendre des mesures concrètes maintenant, pour assurer notre avenir, même si leurs effets ne seront visibles que plus tard.

Pour une plus ferme légitimité de l’Union européenne

Ces dernières années, la capacité du processus décisionnel a quelque peu laissé à désirer et les citoyens expriment de plus en plus de critiques à ce sujet. Je ne me joins cependant pas aux discours pessimistes sur une crise de l’Union européenne et je pense que les problèmes actuels peuvent être résolus. L’entente sur les perspectives financières et les progrès de la directive relative aux services sont des exemples qui indiquent que l’Union européenne est capable de prendre des décisions importantes s’il existe une véritable volonté politique. Je suis persuadé que celle-ci existe dans toutes les institutions de l’Union européenne.

L’Union européenne est une communauté de valeurs qui existe pour ses citoyens. C’est pourquoi sa baisse de légitimité, de justification et de crédibilité dans l’esprit des citoyens doit être prise au sérieux.

Ce déficit de légitimité vient en partie du fait que les citoyens ignorent en réalité ce que l’Union européenne fait en leur faveur. De nombreux sujets ayant une application concrète dans la vie des personnes, tels que le droit de résider, de travailler et d’étudier dans tous les pays de l’Union européenne sont considérés comme allant de soi. On oublie que tout cela est justement possible grâce à l’Union européenne.

Mais le manque d’information n’explique pas tout et l’Union européenne doit être en mesure d’améliorer son fonctionnement. Elle doit obtenir des résultats que les citoyens pourront constater dans leur vie quotidienne.

L’une des raisons d’être de l’Union européenne, à savoir garantir la paix et la stabilité en Europe, est toujours d’actualité. J’en ai eu un rappel à titre personnel il y a quelques semaines lors de mon voyage en Croatie (ce pays souhaite adhérer à l’Union européenne pour que ses enfants et petits-enfants n’aient plus jamais à subir la guerre).

De nombreuses personnes qui ont toujours vécu en temps de paix ont tendance à considérer comme des états naturels l’absence de conflits et la stabilité. C’est pourquoi ces arguments ne suffisent plus à eux seuls à conférer une légitimité à l’Union européenne. Comme nombre d’entre vous ont eu souvent l’occasion de la constater, l’Union européenne doit être capable de montrer à ses citoyens qu’elle a aussi son utilité dans d’autres domaines et de la manière la plus concrète.

L’amélioration de la légitimité passe par l’efficacité et la transparence

Monsieur le Président,

Le meilleur moyen de prouver l’utilité de l’Union européenne est de gérer avec efficacité les tâches élémentaires, notamment en matière judiciaire. Cela, nous pouvons et devons le faire sans attendre sur la base des traités déjà existants. L’Europe ne peut pas se contenter d’attendre de nouvelles règles de décision et doit tout de suite renforcer son action. L’Union européenne doit se montrer capable d’œuvrer pour l’avenir des individus et faire autre chose que se quereller autour de questions institutionnelles.

Un tel renforcement demande des décisions courageuses de la part des dirigeants et décideurs européens. Nous ne pouvons pas nous contenter de réfléchir au seul instant présent et aux prochaines élections et il nous faut garder à l’esprit l’intérêt des générations futures. C’est pourquoi nous devons prendre des décisions certes douloureuses dans l’immédiat, mais qui nous aideront à construire l’avenir. Nous devons être prêts à transiger sur les positions nationales et à nous soucier davantage de l’Europe dans sa totalité.

L’Union européenne doit se concentrer sur l’essentiel et le faire avec efficacité, ce qui signifie une action générant de la valeur ajoutée par rapport à ce que serait l’action des États membres agissant séparément. Cette valeur ajoutée pourra être obtenue dans les domaines du bien-être, de la sécurité et de la liberté.

Nos méthodes de travail sont la base de la réalisation de nos objectifs. La transparence est essentielle et les citoyens doivent être en mesure de savoir comment naissent les décisions qui les affectent. Le débat politique croissant en Europe est dans l’intérêt de tous et votre mission est elle aussi centrale.

Je me félicite de ce que le Conseil européen ait décidé d’ajouter de la transparence à ses sessions. Pendant sa Présidence, la Finlande appliquera largement les principes adoptés par le Conseil européen pour améliorer la transparence des ses travaux.

La Finlande va aussi s’efforcer de promouvoir la transparence de différentes manières, dans tous les aspects pratiques et dans le fonctionnement de l’UE.
Nous ferons en sorte que toutes les informations essentielles soient le plus vite possible disponibles sur le site web de la Présidence finlandaise. Parfois, de telles solutions techniques ont plus d’impact sur l’accès à l’information que les belles déclarations politiques.

Une meilleure réglementation

Durant sa Présidence, la Finlande oeuvrera à une meilleure réglementation, c’est-à-dire à la qualité du travail législatif et à la prise en considération du principe de subsidiarité et du principe de proportionnalité. Il ne s’agit pas uniquement ici d’éliminer des textes législatifs. L’Union européenne a besoin d’une législation nouvelle, mais également d’une mise à jour de sa législation existante. C’est de cette manière que l’Union européenne pourra agir sur les évènements et être à même de réagir activement aux changements. Nous apporterons là aussi notre soutien au travail de la Commission.

Pendant notre Présidence, nous veillerons à ce que les impacts économiques, sociaux et environnementaux des propositions de loi soient soigneusement pris en compte au moment des décisions. Notre objectif est également d’accélérer l’examen des propositions de la Commission en vue d’une simplification et d’une mise à jour de la législation.

L’agenda sera traité dans sa totalité

Le travail du Conseil reposera sur le programme de travail de 2006 que nous avons préparé avec l’Autriche. Au nom de la continuité, la collaboration entre les pays se succédant à la Présidence est d’une grande importance. Celle-ci s’est très bien passée avec l’Autriche et nous prolongerons notre collaboration avec l’Allemagne sous des auspices tout aussi favorables.

Pendant sa Présidence, la Finlande prend l’engagement de traiter tous les points inscrits à l’agenda de manière appropriée, efficace et impartiale. Ma brève énumération des priorités finlandaises n’implique nullement que nous allons négliger les autres sujets. Nous avons besoin de progresser dans tous les domaines.

L’avenir de l’Union européenne

Monsieur le Président,

La Finlande souhaite faire avancer le débat sur l’avenir de l’Union européenne. Ce débat couvre aussi bien la question concrète du sort du traité établissant une Constitution pour l’Europe que l’élargissement de l’Union européenne.

Je me félicite de la décision du Conseil européen de juin de passer à une phase plus active en ce qui concerne le Traité constitutionnel. Cette double approche est la bonne : renforcer l’action de l’UE dans le cadre des traités actuels et réfléchir en même temps à l’avenir du Traité constitutionnel.

Pendant sa Présidence, la Finlande entamera des consultations sur l’avenir du Traité. Les consultations menées avec les États membres et les institutions serviront de base au rapport devant être établi par la Présidence allemande durant le premier semestre 2007.

Je suis persuadé que le Traité constitutionnel négocié avec les États membres est nécessaire à une Union européenne en voie d’élargissement. En Finlande, le gouvernement a présenté au début juin au Parlement finlandais un projet de ratification du Traité constitutionnel qui sera débattu cet automne. La Finlande pourra ainsi, à son tour, se prononcer sur le Traité négocié.

L’élargissement de l’Union européenne est l’une des questions centrales de la Présidence finlandaise. Personnellement, je suis d’avis que l’élargissement de l’Union européenne a été un succès. L’élargissement est non seulement un outil central pour renforcer la stabilité et la démocratie, mais c’est également l’une des réponses stratégiques de l’Europe aux défis de la mondialisation. De récentes analyses indiquent que le dernier élargissement a été clairement bénéfique, aussi bien pour les nouveaux membres que pour les anciens.

Des discussions importantes ont eu lieu au Conseil européen de juin dernier sur la capacité d’absorption de l’Union européenne. Je suis particulièrement satisfait du fait que la capacité d’absorption de l’Union européenne n’a pas été fixée comme nouveau critère d’adhésion. Il ne faut pas fixer de nouveaux critères d’adhésion aux pays candidats et il faut absolument s’en tenir aux critères existants.

Je pars de l’idée que l’Union européenne doit rester, une communauté ouverte. Tous les États européens remplissant les critères d’adhésion doivent avoir la possibilité de devenir membres.

C’est lors de notre Présidence que sera fixée la date d’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie. Les négociations concernant les candidatures de la Turquie et de la Croatie se poursuivront également sur la base des rapports de la Commission et des progrès accomplis.

Pendant notre Présidence, nous soutiendrons également la perspective européenne des pays des Balkans occidentaux. L’avenir des Balkans occidentaux se décidera à de nombreux titres l’année prochaine. Le processus lié au statut du Kosovo aura probablement atteint sa phase finale à l’automne. En tant que Président de l’Union européenne, nous souhaitons que les difficiles négociations engagées par les parties sous la direction de l’ancien président finlandais Martti Ahtisaari, puissent aboutir d’ici la fin de l’année..

Réussir dans le jeu de la concurrence mondiale

Monsieur le Président,

Une priorité importante de la Présidence de la Finlande sera la compétitivité de l’Union européenne et de ses États membres, leur réussite face à la concurrence mondiale. Nous allons largement nous y consacrer sous notre Présidence dans les différentes configurations du Conseil.

La question essentielle est de savoir sur quelles bases l’Europe peut faire reposer sa croissance économique. La réponse de la Finlande est que la croissance est ancrée dans l’innovation, les options énergétiques, la qualité et la productivité du travail, la transparence du commerce mondial, l’immigration et une couverture sociale efficace.

La responsabilité principale en matière de compétitivité incombe aux États membres et c’est à eux de l’endosser. Mais l’Union européenne doit fournir sa part de travail. La Finlande s’efforcera d’obtenir des résultats au regard du 7e programme-cadre de la recherche. Il en ira de même pour le règlement européen sur les produits chimiques (REACH), la directive sur les services, la directive sur le temps de travail ainsi que le règlement sur l’itinérance internationale.

Nous souhaitons promouvoir une politique d’innovation de grande envergure. Que ce soit dans le travail législatif du Conseil ou au Sommet des chefs d’États et de gouvernement de Lahti, nous ferons des propositions favorables à la création d’un environnement propice aux innovations et à leur exploitation efficace. Nous avons ici à l’esprit une politique d’innovation générée par la demande.

À Lahti, les chefs d’État et de gouvernement pourront accélérer les décisions nécessaires.

Une politique d’innovation d’envergure demande de la part de l’Union européenne un mode d’action uniforme et un processus de décision renforcé, notamment en matière de standardisation, de protection de la propriété intellectuelle et de développement des marchés financiers. Il est tout aussi important d’accélérer la mobilité des étudiants et des chercheurs, la collaboration entre les établissements d’enseignement supérieur et de la création d’un pôle européen du savoir-faire de haut niveau.

Par ailleurs, je veux souligner que la concurrence issue de la mondialisation est propice à l’innovation.

L’Europe a besoin d’une meilleure mobilité de ses ressources intellectuelles et matérielles. L’un des points d’appui de la politique de l’innovation réside dans le marché intérieur de l’Union européenne et dans son développement continu.

Il faut lever les obstacles au fonctionnement efficace du marché intérieur pour tirer tout le profit de l’intégration économique. Le marché intérieur est le socle même de l’Union européenne, ne l’oublions pas. Dans ce contexte, le marché des services revête une grande importance et nous devons saluer le fait le fait que nous sommes au seuil d’une décision sur la directive des services. Le Parlement européen a joué ici un rôle d’une importance fondamentale. J’espère que l’adoption définitive de la directive pourra avoir lieu en seconde lecture au Parlement européen.

 

Les relations extérieures en matière d’énergie seront également à l’ordre du jour de la réunion extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement à Lahti. Le président de la Russie, Vladimir Poutine, a été convié au dîner qui suivra ce sommet. Ce dîner permettra au président russe et aux dirigeants des pays de l’UE de s’entretenir librement.

La garantie des approvisionnements énergétiques à un coût raisonnable est une condition sine qua non de la réussite économique de l’Europe. Tous les États membres sont touchés par les problèmes liés à la hausse des prix de l’énergie, à la sécurité des approvisionnements et au changement climatique. Les choix en matière de politique énergétique sont dans une large mesure des questions relevant des politiques des États. L’Union européenne a cependant besoin de définir des orientations communes en matière énergétique et plus particulièrement une politique cohérente dans ses relations extérieures se rapportant à l’énergie.

Durant la Présidence finlandaise, nous souhaitons promouvoir le débat stratégique sur la façon dont les objectifs énergétiques doivent apparaître dans les relations extérieures de l’Union européenne.

L’utilisation de l’énergie et le choix des sources d’énergie est intimement lié à l’une des plus importantes menaces qui pèsent aujourd’hui sur environnement : le changement climatique.

Pour ce qui est de la politique du climat, il importe notamment de faire avancer les négociations portant sur le développement du système climatique international après 2012. Pendant sa Présidence, la Finlande va s’efforcer de promouvoir tout dialogue international susceptible d’amener, conformément aux objectifs de l’Union européenne, les pays jouant un rôle clé en la matière à souscrire à un système global ambitieux. Un tel système serait de nature à répondre le plus efficacement possible au défi climatique et garantirait la compétitivité de l’UE.

 

 

Durant la présidence finlandaise, les thèmes de l’énergie et du changement climatique seront largement abordés à l’occasion des sommets avec les pays tiers, notamment au Sommet Asie-Europe qui fêtera son dixième anniversaire à Helsinki.

Je suis parfaitement conscient du fait que des milliers d’Européens craignent la mondialisation de la concurrence et que ces peurs expliquent pourquoi ils s’opposent aux changements. Ces peurs se sont notamment manifestées à l’occasion de l’examen de la directive des services. Elles doivent être prises au sérieux. J’insiste sur le fait que nous n’avons pas l’intention de renforcer la compétitivité en Europe à n’importe quel prix, sans nous soucier des conséquences. Il faut trouver un équilibre entre les réformes, la couverture sociale et la durabilité de l’environnement. Les nouveaux modes de fonctionnement et la technologie moderne promeuvent autant la croissance que le bien-être et réduisent les émissions polluantes.

La préservation des systèmes sociaux européens passe par une amélioration de la compétitivité et du taux d’emploi et une meilleure productivité du travail. De tels résultats seront le fruit d’une étroite collaboration avec les partenaires sociaux. Il faut rechercher un nouvel équilibre entre flexibilité et sécurité. À cette fin, la Finlande organisera un Sommet social extraordinaire qui examinera ces thèmes à la veille de la rencontre des chefs d’État et de gouvernement à Lahti.

L’Union européenne en tant qu’acteur planétaire

Monsieur le Président,

Les relations extérieures de l’Union européenne sont liées à l’économie, dans la mesure où les actions extérieures de l’Union européenne procèdent de sa puissance économique. Être un partenaire intéressant et attractif confère de l’autorité. L’Union européenne est devenue un acteur mondial qui ne saurait se ménager de pause de réflexion dans ses actions extérieures.

Pendant la Présidence finlandaise, l’Union européenne consolidera son rôle international et conférera plus de cohérence à ses actions. Par rapport à de nombreux autres acteurs internationaux, l’Union européenne dispose d’un vaste éventail d’outils. Ceux-ci doivent être utilisés de manière homogène qu’il s’agisse par exemple de la politique extérieure, commerciale, de développement ou des droits de l’homme. L’Union européenne ne saura se faire entendre dans le monde que si elle parle à l’unisson.

Nous poursuivons le développement des capacités de gestion des crises de l’Union européenne. La force de réaction rapide devra être entièrement opérationnelle dès le début 2007. Nous poursuivons le travail de coordination de la gestion des crises civiles et militaires.

Les relations de l’Union européenne avec la Russie et la Dimension septentrionale figurent au nombre des priorités de la Présidence finlandaise. Les Balkans occidentaux, les relations transatlantiques ainsi que l’Asie sont de même des sujets de la première importance.

Les relations entre l’Union européenne et la Russie ne se limitent pas seulement au commerce et à l’énergie. L’objectif est un vaste partenariat dans le cadre duquel nous pourrons combiner les valeurs européennes et les intérêts mondiaux. Notre but est d’arriver à ancrer la Russie plus étroitement dans la coopération européenne démocratique dans différents domaines de la société. Il faut pour ce faire développer l’interaction entre les pays de l’Union européenne et la Russie tout comme les échanges d’étudiants, la coopération culturelle et la contribution active de la société civile.

Pendant la Présidence finlandaise des pourparlers seront engagés pour négocier un nouveau cadre d’accords entre l’Union européenne et la Russie devant se substituer à l'Accord de partenariat de coopération expirant à la fin de l’année prochaine. En ce qui concerne la Dimension septentrionale, nous avons déjà bien progressé et un nouvel accord politique cadre sera signé au cours de l’automne.

Outre ce qui vient d’être dit, nous suivrons naturellement les développements au Proche-Orient et dans les foyers de crise dans le monde. Nous sommes fort préoccupés par la situation dans les territoires palestiniens, question qui fera l’objet aujourd’hui d’une discussion séparée. Dans les relations extérieures, les surprises ont tendance à être plus la règle que l’exception. La Finlande est également prête en à assumer les responsabilités qui incombent à la Présidence en cas d’événements inattendus.

Justice et affaires intérieures

Monsieur le Président,

La présidence finlandaise procédera è une évaluation politique totale des progrès accomplis en matière de libertés, de sécurité et de justice. Nous avons besoin d’actions concrètes, d’un processus décisionnel efficace et de la rigoureuse application au niveau national des décisions déjà approuvées. En 1999, le sommet de Tampere a fixé les orientations en vue d’un développement ambitieux et démocratique du volet Justice et Affaires intérieures. En 2006, l’évaluation du Programme de La Haye permettra de faire progresser activement la coopération européenne en la matière.

Les citoyens attendent de l’Union européenne des actions efficaces pour combattre la criminalité internationale, le trafic des êtres humains et le terrorisme. Durant la Présidence finlandaise, les États membres devront manifester la le désir politique de s’attacher au renforcement du processus décisionnel, notamment en matière de coopération judiciaire et policière. Le travail pourra être renforcé si les États membres sont prêts à passer aux décisions à la majorité qualifiée et une communautarisation de ce domaine. Une enquête en ce sens nous a été confiée par le dernier Conseil européen.

J’insiste sur le fait qu'il n’est pas question de ne sélectionner que ce qui nous semble bon dans la coopération policière et judiciaire. Nous ne tenterons pas de faire entériner le Traité constitutionnel par la cuisine, car on peut d’ores et déjà procéder aux changements sur la base du Traité de Nice. .

La Finlande souhaite également renforcer le principe de reconnaissance mutuelle en matière de coopération judiciaire. Lorsque les décisions des autorités judiciaires et les jugements rendus par les tribunaux d’un autre État membre sont exécutés tels quels, il devient concrètement possible de renforcer l’instruction des délits transnationaux et d’accélérer les poursuites judiciaires. Le mandat d’arrêt européen, par exemple, qui a réduit le délai moyen d’extradition d’un suspect de plus de six mois à une seule journée dans le meilleur des cas, est une belle illustration.

Les événements récents comme ceux survenus aux îles Canaries et à Malte ont encore projeté les problèmes de l’immigration clandestine sous les feux de l’actualité. La gamme de moyens dont dispose l’Union européenne doit être extensivement étudiée, y compris la définition d’orientations communes en matière d’immigration légale.

Le renforcement du contrôle des frontières n’est qu’un aspect, important certes, de la solution. On n’insistera jamais trop sur l’importance de la collaboration avec les pays d’origine et transitaires en matière d’immigration illégale. Il faut veiller à ce que le système commun européen d’asile soit prêt d’ici 2010. L’Union européenne doit pouvoir être en mesure de garantir une protection à ceux qui en ont besoin, en se basant sur des procédures et une législation communes. La dimension extérieure de l’UE et son partenariat avec ses voisins doivent aussi inclure les questions migratoires.

Monsieur le Président,

Comme je le constatais au début de cette intervention, il convient de développer encore la collaboration des institutions et celle aux niveaux européen et national.
Je tiens tout spécialement à vous remercier de m’avoir donné l’occasion de présenter les priorités de la Présidence finlandaise et de m’entretenir avec vous sur les tâches qui nous attendent. J’attends avec intérêt vos commentaires dès aujourd’hui ou plus tard, ici même ou dans d’autres enceintes.

Le débat relatif au développement de l’Europe est important quelles que soient les différences politiques. Les présidents des groupes politiques du Parlement européen ont par exemple montré à l’occasion d’un forum populaire organisé à Helsinki au début du mois dernier qu’ils étaient désireux et capables de faire progresser l’agenda européen. Nous autres Finlandais sommes accoutumés à une coopération fructueuse qui transcende les frontières partisanes. C’est tout aussi naturel au niveau européen.

J’ose espérer que notre collaboration donnera les meilleurs fruits au cours des six prochains mois.. Je me ferai un plaisir de répondre aux questions du Parlement européen à l’occasion des sommets qui seront organisés pendant la Présidence finlandaise.

Nous vivons actuellement une ère de défis. L’Union européenne doit regarder vers l’avant, s’atteler avec courage aux réformes et démontrer qu’elle a la volonté politique de développer l’Europe. Je crois que pour bien des questions la bonne réponse est plus d’Europe plutôt que moins d’Europe.

Cette Présidence qui fait ses premiers pas a déjà été présentée comme une sorte d’étape transitoire au cours de laquelle il ne sera question que de gérer les affaires courantes en attendant des temps meilleurs pour s’attaquer aux grandes questions. Je dois le dire ici sans détours : même si l’UE baigne dans un certain attentisme, le reste du monde, lui, ne reste pas els bras croisés. Il serait injuste à l’égard des générations futures de cette Europe qui est la nôtre de vouloir ignorer ces défis historiques dans l’attente de temps meilleurs. C’est ici et maintenant que les choses se jouent.